279. Les pronoms personnels ego, tu, ille, nos, vos, illi, comme sujets du verbe, ne s'expriment que pour faire sentir un contraste, ou pour augmenter l'énergie de l'expression, autrement ils sont indiqués par la terminaison du verbe :
In rebus angustis animosus atque fortis appare (Hor.)
Appius adeo novum sibi ingenium induerat, ut plebicola repente, omnisque aurae popularis captator evaderet (Liv. III, 29)
Ego reges ejeci, vos tyrannos introducitis : ego libertatem quæ non erat, peperi, vos portam servare non vultis (L. Brutus. Auct. ad lier. IV, 53).

280. Il n'y a qu'un seul cas où le sujet se mette à l'accusatif, savoir dans la construction qu'on appelle accusatif avec l'infinitif. L'attribut prend alors le cas du sujet et se met à l'accusatif.

281. Il n'y a en latin aucune expression particulière pour resoudre le sujet indéterminé on qui est d'un usage si fréquent en français, car les pronoms aliquis, (quis) quispiam, n'expriment pas ce mot dans toute son étendue. On le traduit donc en outre : 1) par la troisième personne du pluriel actif en sous-entendant homines : laudant hunc regem, on loue ce roi ; dicunt (ou tradunt, ferunt) hunc regem esse justum, on dit que ce roi est juste ; 2) par la 2ème personne du singulier ou la première personne du pluriel, lorsque le sens de la phrase le permet : si hunc regem laudas ou si hune regem laudamus, si on loue ce roi ; 3) par la construction passive où l'objet énoncé à l'actif par l'accusatif devient nominatif : laudatur hic rex, on loue ce roi ; laudor, on me loue ; laudaris, on te loue ; laudamur, on nous loue.
Videri, sembler, paraître, est plus souvent employé comme verbe personnel en latin qu'en français : videris vir bonus esse ; videmini viri boni esse. On emploie aussi videri, comme personnel avec le datif de la personne pour traduire le verbe croire, quand on croit quelque chose de soi-même ; par exemple Amens mihi fuisse videor. Fortunatus sibi Damocles videbatur esse. Si hoc titi intellexisse videris.

Chapitre III
L'accusatif

282. L'accusatif est le cas de l'objet prochain, c'est à dire, se met avec les verbes transitifs (soit actifs, soit déponents) pour exprimer l'objet de l'action ; par exemple pater amat filium. Si le verbe est à l'actif, on peut, sans changer le sens, exprimer la proposition par le passif ; l'accusatif de l'objet devient alors le nominatif du sujet, au lieu de pater amat filium, on peut dire filius amatur a patre.