Chapitre XIII
Les participes

397. Le participe exprime l'action ou l'état d'un verbe sous la forme d'un adjectif, mais il régit le cas du verbe dont il dérive, et il marque en même temps la diversité de l'action suivant qu'elle dure encore ou qu'elle est achevée.
Cette forme est en général défective, car la plupart des verbes latins n'ont à l'actif qu'un participe présent, scribens, écrivant, et au passif, un participe passé, scriptus, écrit ; indépendamment des deux participes futurs scripturus, qui veut écrire ou qui écrira et scribendus, devant être écrit. Ce dernier participe remplace aussi dans les cas obliques le participe présent passif qui manque à la langue latine.
Car on n'y trouve pas, comme dans le grec, un participe actif qui exprime l'action achevée, ayant écrit, ni un participe qui marqué l'état durable au passif, qui est écrit. Il faut pourtant en excepter les verbes déponents qui ont conservé ces différents temps, parce que leur forme passive a une signification active, ainsi : imitans, imitant ; imitatus, ayant imité, qui a imité ; imitaturus, qui veut imiter ou qui imitera ; imitandus, qui doit être imité.
C'est pour éviter une périphrase on une tournure passive, qu'au défaut d'un participe passé actif on fait un fréquent usage du participe passé des verbes déponents dont le nombre est assez considérable pour offrir facilement des synonymes de verbes actifs; ainsi, au lieu de : victoria parla statim Romam rediit, on dit souvent victoriam adeptuss (assecutus, consecutus) statim Romam rediit. Plusieurs participes passés des verbes déponents ont aussi quelquefois par exception une signification passive. Tels sont : adeptus, comitatus, confessus, dimensus, expertus, interpretatus, meditatus, pactus, partitus.
Quelques verbes actifs ont cependant, sous la forme passive, un participe passé avec le sens actif. Ce sont iurare, cœnare et prandēre qui donnent iuratus, cœnatus et pransus, aux quels on doit joindre encore les participes des verbes neutro-passifs : ausus, gavisus, solitus, fisus et confisus.

398. On se sert du participe, en latin, non seulement pour les incidentes explicatives qui se joignent par un pronom relatif à un nom de la proposition principale, mais encore pour remplacer les particules de temps quand, comme, ou celles de cause puisque, parce que ou d'autres qu'on traduit par quoique, bien que, à moins que ces phrases n'aient un sujet différent de celui de la proposition principale.
Est enim lex nihil aliud, nisi recta et a numine deorum tracta ratio, imperans honesta, prohibens contraria
Curio, ad focum sedenti, magnum auri pondus Samnites quum attulissent, repudiati ab eo sunt.