405. Il en est de même s'il est construit avec un temps du verbe esse : virtus laudanda est, il faut louer la vertu et au neutre laudandum est, il faut louer. La personne qui doit faire l'action se met alors au datif et non à l'ablatif avec ab.
Diligentia in omnibus rebus plurimum valet : hæc præcipue colenda est nobis, hæc semper adhibenda
Quum suo cuique judicio sit utendum, difficile factu est, me id sentire semper, quod tu velis
.

406. Si le participe futur passif est à un des cas obliques, on s'en sert ordinairement alors au défaut d'un participe présent passif pour énoncer une souffrance, un état présent durable ; par exemple occupatus sum in literis scribendis, à écrire des lettres, peritus rei publicæ regendæ. L'idée d'avenir qui peut aussi être liée à ce participe n'y est pas nécessairement contenue, mais elle se fonde quelquefois sur le sens général de la phrase ; par exemple consilium libertatis recuperandæ, de recouvrer la liberté, missus erat ad naves comparandas (voir le chapitre suivant).

407. Ce participe ne devrait se former que des verbes actifs transitifs ; cependant il appartient aussi aux verbes déponents qui ont un sens transitif ; par exemple In imitando hoc scriptore hæc cautio est. Mais les verbes intransitifs ne peuvent avoir de ce participe que la forme neutre construite avec est, erat, etc. : quiescendum est, dormiendum est, eundum est.

Chapitre XIV
Le gérondif

408. Les gérondifs ne sont autre chose que les quatre cas obliques du participe futur passif neutre ; ils conservent le régime du verbe auquel ils appartiennent, et remplacent pour la signification, le présent de l'infinitif actif que l'on considère alors comme un substantif verbal.

409. Voici la différence entre le gérondif et le participe futur passif. Le gérondif ayant une signification active : consilium scribendi, la résolution d'écrire, on peut, lorsque le verbe est accompagné d'un accusatif, (consilium scribendi epistolam) sans changer le sens, exprimer la proposition par le passif, en disant consilium scribendæ epistolæ. On voit qu'il faut mettre alors à place de l'accusatif le cas auquel se trouverait le gérondif, et que le participe prend le nombre et le genre du substantif. Cette construction passive peut avoir lieu toutes les fois qu'il n'en résulte aucune équivoque, c'est-à-dire, que l'on peut reconnaître le genre du mot ; mais elle n'est pas permise ou du moins peu usitée, quand l'accusatif qui accompagne le gérondif est le neutre d'un pronom ou d'un adjectif.