332. Il y a donc en latin, comme en français, deux temps pour le présent, deux pour le passé et deux pour le futur ; ils différent l'un de l'autre, par le rapport de temps entre l'action qu'ils expriment et une autre action.
Scribo, j'écris ; présent et durée
Scripsi, j'ai écrit ; présent et accomplissement
Scribebam, j'écrivais ; passé et durée
Scripseram, j'avais écrit ; passé et accomplissement
Scribam, j'écrirai ; futur et durée
Scripsero, j'aurai écrit ; futur et accomplissement.

333. La même différence existe entre les temps du passif qui, au lieu d'une action, expriment un état ou une souffrance.
Laudor, je suis loué ; présent, état son accompli
Laudatus sum, j'ai été loué ; présent, état accompli
Laudabar, j'étais loué, on me louait ; passé, état non accompli
Laudatus eram, j'avais été loué ; passé, état accompli
Laudabor, je serai loué, on nie louera ; futur, état non accompli
Laudatus ero, j'aurai été loué ; futur, état accompli.
On dit également laudatus sum et laudatus fui, laudatus eram et laudatus fueram, laudatus ero et laudatus fuero, laudatus essent et laudatus fuissent. Cette deuxième forme du verbe auxiliaire ne sert qu'à marquer encore mieux le passé accompli, qui est déjà exprimé par le participe parfait passif, mais elle est moins usitée que la première.

334. Les temps du présent et ceux du passé, c'est-à-dire, le présent et le parfait, l'imparfait et le plus-que-parfait, ont un subjonctif au passif comme a l'actif, savoir scribam et scripserim, scriberem et scripsissem, scribar et scriptus sum, scriberer et scriptus essem. Ces temps du subjonctif ont entre eux la même différence que les temps correspondants de l'indicatif.
(voir Chap. X, les cas où la forme du discours demande le subjonctif).

335. Les deux futurs n'ont point, dans le subjonctif, de temps correspondant, ni à l'actif ni au passif, mais on les remplace de diverses manières ; si le futur est déjà indiqué dans un des membres de la phrase, les autres temps du subjonctif suppléent au subjonctif futur : Illa de re promisit se scripturum, quum primum nuntium accepisset. Accepisset prend ici la place d'un subjonctif futur passé, puisque l'on dit à l'indicatif : Quum primum nuntium accepero, scribam tibi.
De même au passif : Hoc tibi affirmo, si illud beneficium mihi tribuatur, me magnopere gavisurum. Car on dit à l'indicatif : Gaudebo, si mihi tribuetu, ou si mihi tributum fuerit. Par conséquent au subjonctif :
Si mihi tributum sit ou tributum fuerit (non pas de fuero, mais de fuerim). Le choix de ces quatre temps du subjonctif dépend du temps du verbe principal de la phrase, et de la nature de l'action qui doit être envisagée ou comme accomplie, ou comme incomplète.